
Mutines
Mutines
C'étaient des ordres des ordres, sans cesse des injonctions
des réprimandes, c'était vivre à genoux vivre le long
des murailles c'était périr à douze ans c'était la fin avant
le commencement c'est la mort
On était cent, on était deux cents, on était une masse
une marée éteinte on était des filles on est des fille
et il n'y a rien à voir rien à croire rien à attendre [...]
Puis nous avons brisé une fenêtre
Et la lumière est entrée
Pour un pain volé, pour vagabondage ou pour indiscipline ; suite à une lettre de dénonciation d'un frère, à la tyrannie d'un père ; au nom de la protection et de l'éducation, sur fond de peur du corps féminin et des classes populaires, des jeunes filles sont jugées comme délinquantes et enfermées dans une école de préservation. Elles s'appellent Marthe, Monelle, Jeanne ou Berthe. Mineures, elles sont toutes considérées comme coupables ou, pour le moins, dérangeantes.
Discipline et maltraitance sont le lot quotidien de ces pupilles soumises à la violence des surveillantes, à des ordres qui brisent les nuques.
Mais ces mauvaises filles résistent...
Un jour de novembre 1934, trois heures durant, sur les toits de l'école de préservation de Clermont, ces jeunes filles se réapproprient leur enfance inachevée et remplissent le ciel de leurs chants et de leurs rires.
Un soulèvement-joie auquel Perrine Le Querrec prête son souffle en donnant voix à ces mutines.
Largeur : 14.0 cm
Epaisseur : 1.0 cm