
Armée, gendarmerie, police : outils de répression et de maintien de l'ordre colonial en Sénégambie aux XIXe et XXe siècles
Armée, gendarmerie et police
La question du maintien de l'ordre en situation coloniale est particulièrement complexe, d'autant plus que plusieurs dimensions entrent en jeu telles que l'application du Code de l'indigénat, l'emprisonnement, la déportation, la mise en résidence obligatoire ou surveillée, etc. En Afrique de l'Ouest - et spécifiquement en Sénégambie - le triptyque armée, gendarmerie et police a joué un rôle déterminant dans la protection, le rétablissement et le maintien de l'ordre. Ces forces ont participé à l'occupation coloniale, à la politique d'exil forcé, ainsi qu'au contrôle et à la surveillance des populations et de leurs espaces aux XIXe et XXe siècles.
Le déploiement et l'implantation des forces militaires et des agents de police dans les colonies ont permis de réduire la marge de manoeuvre des résistants coloniaux, de freiner les meneurs de troupes et de sanctionner les comportements criminels ou délictuels, tant durant la conquête militaire que pendant la période dite de « pacification ». Il s'agissait de neutraliser, d'endiguer et de contrôler toutes les forces vives, d'anéantir toute forme de nationalisme ou de résistance coloniale, en s'appuyant sur les forces de l'ordre, parmi lesquelles figuraient les auxiliaires « indigènes » qui avaient rendu à la France des services jugés inappréciables.
Ce livre met particulièrement l'accent sur le rôle de la gendarmerie dans le maintien de l'ordre durant l'ère coloniale, car l'étude de cette institution - comme celle de la police - demeure un angle mort de l'historiographie consacrée à la tranquillité publique en Sénégambie.
Ce travail tente d'analyser la contribution de l'armée, notamment de la gendarmerie, puis d'examiner l'apport de la police dans le processus de conquête, de « pacification » et, plus largement, de maintien de l'ordre colonial aux XIXe et XXe siècles.
Largeur : 16.0 cm
Epaisseur : 1.1 cm