
Le livre des métamorphoses (Xe siècle)
Le Livre des métamorphoses est un livre étrange qui commence à circuler dans le courant du Xe siècle et sera plus continûment lu sous la dynastie des Song (960-1279). Les traités bibliographiques anciens l'attribuent à un immortel des Cinq Dynasties (907-960), Tan Qiao, et le classent, soit dans les sections relevant de la pensée taoïste, soit parmi les textes éclectiques. Ce court volume en six parties présente la transformation naturelle, éthique et sociopolitique.
Juxtaposant de brefs paragraphes, usant de la rhétorique, à bien des égards troublante, de l'hyperbole et du parallélisme de la langue chinoise, le livre déploie une conception radicale de la transformation comme greffe, brassage des souffles, division à l'infini des corps et des formes, le tout dans un parasitisme généralisé. Il décrit la mécanique et la machinerie à l'oeuvre dans le réel comme constitutifs de la vie même, et loin de les annuler, se propose de les faire jouer à plein dans la culture de soi et la gestion du politique.
La présente traduction propose, tout en restant au plus près de l'écriture volontiers rhapsodique du livre, une lecture philosophique de l'ouvrage. Autre mérite de ce livre : on pourra choisir à loisir une lecture continue, mais aussi bien, une approche fragmentaire et méditative de chacun des paragraphes, qui forment tous de petites unités autonomes et suggestives.
La Bibliothèque chinoise accueille, en édition bilingue, les classiques de la littérature chinoise en langue classique dans tous les domaines des lettres et des sciences (philosophie, histoire, poésie, politique et militaria, mais aussi médecine, astronomie, mathématiques, etc.).
Les textes et traductions sont accompagnés d'une longue introduction et d'un appareil critique développé (notes, chronologie, glossaire, cartes et index).
La possibilité est ainsi offerte au lecteur non sinophone d'entrer de plain-pied dans les ouvrages les plus représentatifs de l'immense production écrite qui caractérise la culture chinoise, depuis l'époque de Confucius (551-479 av. n. è.) jusqu'à la chute du régime impérial en 1911.
Le Livre des métamorphoses est, depuis la dynastie des Ming au moins, attribue à un maître des arts taoïstes, Tan Qiao (actif au Xe siècle). Celui-ci reste mal connu. Les récits hagiographiques font de lui un ermite qui, au terme d'une vie de pérégrination dans les montagnes sacrées du nord-ouest de la Chine, serait parvenu à raffiner le cinabre. Refusant de passer les examens mandarinaux, rétif a tout enrôlement dans le service public, il aurait mené une vie en tous points conforme aux hagiographies taoïstes : goût de l'alcool, détachement des passions mondaines, générosité envers les indigents, indifférence aux rigueurs climatiques. Il allait jusqu'à maîtriser les techniques lui permettant d'apparaître et de disparaître à sa guise. Curieusement, aucun de ces éloges ne mentionne Le Livre des métamorphoses.
Largeur : 13.0 cm
Epaisseur : 2.5 cm